C’est ce Dimanche 26 Mai 2019, jour qui coïncide à la journée de la fête des mères, en Haïti. Les étudiants(es) de l’Université Quisqueya, avec la participation de ceux et celles de L’ANDC et diverses organisations féministes, ont foulé le macadam de la capitale; pacifiquement en vue de dénoncer les agressions sexuelles dont sont l’objet les femmes et les jeunes filles haïtiennes, particulièrement deux étudiantes de l’université qui ont été violées dans la soirée du vendredi 17 mai après leurs cours à l’UNIQ.

Les manifestants ont répondu à l’appel. Il était environ 9h30 am avant le départ de la marche, la cour de l’université Quisqueya est remplie de différentes présences. Elles sont majoritairement des étudiants. Ils sont nombreux aussi les membres des organisations qui défendent le Droit de la Femme. Notamment, nous avons remarqué la présence de plusieurs personnages politique et public, parmi eux nous pouvons citer: le Député de Pétion-Ville Jerry Tardieu, la mairesse de Tabarre Nice Simon, ainsi que la chanteuse vedette Fatima.

 

Marche pacifique à Port-au-Prince contre les viols collectifs qui s’augmentent.
Crédit photo : #AyitiNouVleA

Sans tergiverser, la foule dénonce colériquement les violences subissent les femme haïtiennes, et demande d’arrêter et condamner les violeurs. La violence c’est un crime, disait-elle. Cependant, elle ne cesse pas de responsabiliser catégoriquement l’Etat haïtien. Ce qui me pousse à poser cette question:
La faute de la violence féminine est-elle à l’Etat haïtien ou à la société haïtienne ?

La plus grande responsabilité de l’Etat haïtien c’est de protéger la vie et les biens de chaque citoyen. D’une part les pouvoirs publics doivent assumer la conséquence de leurs incompétence, et d’autre part la société haïtienne doit comprendre sa participation dans ce crime.

En effet, c’est une société qui est toujours marquée par la supériorité masculine. Nonobstant, les prescrits du décret de 1982 sur l’émancipation de la femme en Haïti, la liberté de la femme est encore une illusion dans ce pays. Or, on constate que les femmes ne sont jamais libres ni aux yeux de la société, ni aux yeux de leur famille, ni aux yeux de l’Etat. Il y a toujours eu et il y a encore de la violence à l’égard des femmes.

La violence verbale, politique, économique sont aussi atroces que la violence physique. Par exemple: les paroles de monsieur Tony mix à l’égard des femmes haïtiennes, dans ses meringues pour lui toutes les femmes se résument en plaisir sexuel. Ainsi donc, dans telle société où le sexisme fait son plein, à quoi ça sert de célébrer la fête des mères?

En Haïti le droit de la liberté et d’égalité a été remplacé par le triptyque «soumission, hiérarchie et paternité.» En cette période de disette, d’augmentation du taux du dollar, d’instabilité politique, nous sommes en face d’un dilemme, celui de la violence à l’égard des femmes. Alors, la question qui se pose est de savoir comment faire pour éduquer cette génération d’homme à respecter le droit à l’égalité des sexes.

C’est un enjeu majeur aussi bien pour la société que pour les acteurs politiques. En ce sens, nous devons former des citoyens éclairés qui puissent comprendre que la femme est un être à part entière. Elle mérite donc d’être protégée et mieux comprise. Un autre regard sur la femme haïtienne est devenu aujourd’hui un impératif.

Caleb Franck Junior Fontilus

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